. Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout.[ Victor Hugo ]

. Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout.[ Victor Hugo ]
Camille. 17 ans. Terminale S.

Un blog pour prouver à tous que l'on a pas besoin d'être dans une filière littéraire pour aimer les livres. Et ce n'est pas parce que je suis une filière Scientifique que je suis fan des maths ! Loin de là. Les livres sont ma drogue. Je ne lis pas, je dévore, pages après pages.

Stop aux préjugés !

Ici vous trouverez des livres évidemment lus (et parfois relus voire rerelus...) que j'aime, qui m'ont émus, touchés, fait rire, pleurer, comprendre des choses. Bref, mes coups de coeurs.

N'hésitez pas à donner votre point de vue, ainsi que des livres que vous me conseillez.


Merci à tous !


○○○ Mon Blog Perso ○○○

# Posté le dimanche 24 août 2008 12:02

Modifié le dimanche 24 mai 2009 05:59

. Rien n'est plus tragique que de rencontrer un individu à bout de souffle, perdu dans le labyrinthe de la vie.[ Martin Luther King ]

. Rien n’est plus tragique que de rencontrer un individu à bout de souffle, perdu dans le labyrinthe de la vie.[ Martin Luther King ]
Z_O_U_C_K, Pierre BOTTERO


« Je m'immobilise.
Incapable de détourner mon regard de la fille qui avance dans ma direction.
Elle est encore à dix mètres mais, déjà, elle opacifie le monde, pulvérisant mon récent équilibre, m'attirant à elle comme une flamme vive ensorcelle une phalène. J'enregistre d'abord la courbe de son cou gracile qui vient se briser sur l'os délicat de la clavicule, l'angle saillant d'une épaule jadis arrondie puis, très vite, mes yeux cherchent ses bras, sa taille, ses chevilles.
Pour confirmer ce que mon âme sait déjà.
Dans ma poitrine, une horloge prise de folie se met à battre de grands coups douloureux.
Souffrance, et pourtant...
Elle est vêtue d'un débardeur blanc et d'un jean trop large. Beaucoup trop large. Les vêtements sont toujours trop larges pour elle.
Pommettes saillantes, joues creuses, des yeux immenses d'un bleu délavé qui lui dévorent le visage. Elle arrive à ma hauteur et je m'assois, non, je m'effondre sur un banc, incapable de supporter la vision de sa fragilité.
De sa beauté.
Oiseau moribond, elle est plus proche de l'envol que je ne l'ai jamais été et j'ai mal.
Déchirure.
Blessure jamais refermée.
La fille est passée. Elle arpente, au-delà des mots, une route sombre dont elle atteindra bientôt l'extrémité...
Mon c½ur se calme, ma respiration s'apaise.
Je m'adosse au banc et ferme les yeux.
Souvenirs ... »

# Posté le dimanche 24 août 2008 15:30

Modifié le mercredi 27 août 2008 08:53

. La douleur est une chose que l'on n'a le droit d'infliger qu'à soi-même.[ Boris Vian ]

.   La douleur est une chose que l'on n'a le droit d'infliger qu'à soi-même.[ Boris Vian ]
T_H_O_R_N_Y_T_O_R_I_N_X, Camille De PERETTI

_____ « Une boulimique est grosse parce qu'elle mange énormément, elle mange vite, toujours, sans réfléchir, jamais, en engloutissant des grosses poignées de n'importe quoi pourvu qu'elle ait la bouche pleine. Une boulimique ne mâche pas a nourriture, elle la gobe, une boulimique ne connaît pas le sentiment merveilleux de satiété : celui qui fait que l'on se dit à un moment du repas : « je n'ai plus faim ». Une boulimique serait d'ailleurs bien incapable de dire si elle a trop mangé ou si elle a encore faim. Son acte n'est stimulé en rien par le besoin physique et naturel de se nourrir mais par un désir purement intellectuel de se « remplir », et ce pour des raisons diverses et variées qu'elle ne s'explique pas très bien.
_____Une anorexique est maigre parce qu'elle a arrêté de manger. Et si elle a arrêté de manger, c'est parce qu'elle n'a plus faim, plus jamais. Son corps, lui semble-t-il, n'a plus besoin de rien. Mais comme elle vie en société et que son aspect physique commence à faire peur à son entourage, tout le monde voudrait qu'elle mange. On lui tend des cuillères débordantes de crème et des fourchettes pleines de viande. Alors elle se rend compte que non seulement elle n'a pas faim, mais qu'en réalité tout cela la dégoûte au plus au point. Rien que l'idée de faire passer dans son tube digestif une seule de ses substances lui fait horreur, et ce pour des raisons diverses et variées qu'elle ne s'explique pas très bien non plus.
_____Une boulimique-anorexique est un être hybride. Elle n'est ni grosse ni maigre. Certes, elle se trouve toujours trop grosse, mais les autres eux la trouvent normale, tout à fait normale. C'est donc une maladie très facile à cacher au reste du monde, car son aspect physique ne la trahit pas. En France, une femme sur cinq est ou a été boulimique-anorexique, jugez donc de la banalité de la chose. »

# Posté le dimanche 24 août 2008 15:42

Modifié le mercredi 27 août 2008 08:53

. Examine si ce que tu promets est juste et possible, car la promesse est une dette.[ Confucius ]

. Examine si ce que tu promets est juste et possible, car la promesse est une dette.[ Confucius ]
P_R_O_M_E_T_S_-_M_O_I, Harlan COBEN


« -Je voudrais que vous me promettiez une chose.
Les filles l'ont regardé.
Il a sorti son portefeuille de sa poche, en a tiré deux cartes professionnelles. Puis il a ouvert le tiroir du haut et a trouvé un stylo qui fonctionnait.
-Voici tous mes numéros – maison, bureau, portable, mon appart à New York.
Myron a griffonné sur les cartes et les leur a données. Elles les ont prises sans dire un mot.
-Ecoutez-moi bien, s'il vous plaît. Si un jour vous êtes coincées. Si vous sortez pour boire, ou si vos amis boivent, ou si vous êtes défoncées, peu importe. Promettez-moi de m'appeler. Je viendrai vous chercher où que vous soyez. Je ne poserai pas de questions. Je ne dirai rien à vos parents. C'est la promesse que moi je vous fais. Je vous conduirai où vous voudrez. Quelle que soit l'heure. Quelle que soit la distance. Quel que soit votre état. De jour comme de nuit. Appelez-moi et j'irai vous chercher.
Les filles se taisaient.
Myron s'est rapproché d'un pas, se retenant de prendre un ton suppliant.
-Simplement, s'il vous plaît... s'il vous plaît, ne montez pas en voiture avec quelqu'un qui a bu.
Elles continuaient à le dévisager en silence.
-Promettez-le-moi.
L'instant d'après – l'ultime « si seulement »-, elles ont promis. »

# Posté le lundi 25 août 2008 06:27

Modifié le mercredi 27 août 2008 08:52

. On ne se prépare pas plus à la mort qu'on ne s'était préparé à vivre.[ Roger Judrin ]

. On ne se prépare pas plus à la mort qu'on ne s'était préparé à vivre.[ Roger Judrin ]
MAINTENANT QU'IL FAIT TOUT LE TEMPS NUIT SUR TOI, Mathias MALZIEU

__ « Est-ce qu'il ne fait pas trop froid là-bas, est-ce que tu sais les fleurs sur le toit de toi, est-ce que tu sais pour l'arbre que l'on va devoir couper, est-ce que tu sais pour le vent qui agite les volets de la cuisine et secoue ton ombre sur le carrelage ?
____Maintenant il fait tout le temps nuit sur toi.
__Tu reçois des lettres, on les donne à lire à tes vêtements, ça ne les déplie pas. Est-ce que je peux t'envoyer un peu d'Espagne, du bon champagne et deux, trois livres, maintenant qu'ils te foutent la paix avec leurs tuyaux dans le nez et le ventre, que tu n'as plus à te forcer à manger et à décrocher le téléphone ?
____ Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi.
__Est-ce que tu es partie te cacher dans un caillou, un plat à tartes, un nouveau-né, un tissu, un oeuf, une broderie et comment c'est maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi ?
__Est-ce que ça va mieux, est-ce que c'est léger comme une bulle de laisser son corps juste là, tel un vêtement abîmé que l'on ne peut plus porter ? C'est fini ce poids qui écrasait ton sourire? qui écrasait ton ventre, qui t'écrasait ? Tu as pu t'échapper, dis ? Avec ton sourire en poche maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi ?
__Même les yaourts aux fruits dans le frigo ont un goût de fané. On a beau se mettre de la limonade toute neuve, du genre geyser de goulot tendre comme un orage de sucre, dans l'oesophage, rien. Un cimetière de plus, de la nuit, du froid et encore une nouvelle couche de nuit. Nous on voit rien, on te voit plus, on n'y voit rien, on ne sait plus grand chose. On marche dans la nuit et on ne te trouve pas, faut dire qu'on les confond toutes ces nuits, noires, épaisses comme du tissu, pas beaucoup d'étoiles, tout se ressemble.
__Il y a bien les souvenirs, mais quelqu'un les a électrifiés et connectés à nos cils, dès qu'on y pense on a les yeux qui brûlent.
____Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi. »

# Posté le lundi 25 août 2008 09:54

Modifié le mercredi 27 août 2008 08:51

. L'amour commence par l'amour ; et l'on ne saurait passer de la plus forte amitié qu'à un amour faible.[ Jean de La Bruyère ]

. L'amour commence par l'amour ; et l'on ne saurait passer de la plus forte amitié qu'à un amour faible.[ Jean de La Bruyère ]
L'AMOUR DURE TROIS ANS, Frédéric BEIGBEDER

____ « La seule question en amour, c'est : à partir de quand commence-ton à mentir ? Etes-vous toujours aussi heureux de rentrer chez vous pour retrouver la même personne qui vous attend ? Quand vous lui dites « je t'aime », est-ce que vous le pensez toujours ? Il y aura bien – c'est fatal- un moment où vous vous forcerez. Où vos « je t'aime » n'auront plus le même goût. Pour moi, le déclic, ça a été le rasage. Je me rasais tous les soirs pour ne pas piquer Anne en l'embrassant la nuit. Et puis, un jour –elle dormait déjà (j'étais sorti sans elle jusqu'au petit jour, typiquement le genre de comportement minable que l'on se permet avec l'excuse du mariage) – je ne me suis pas rasé. Je pensais que ce n'était pas grave, puisqu'elle ne s'en rendrait pas compte. Alors que cela signifiait simplement que je ne l'aimais plus. »

# Posté le mardi 26 août 2008 08:40

Modifié le mercredi 27 août 2008 08:50

. Sur les flots, sur les grands chemins, nous poursuivons le bonheur. Mais il est ici, le bonheur.[ Horace ]

. Sur les flots, sur les grands chemins, nous poursuivons le bonheur. Mais il est ici, le bonheur.[ Horace ]
A_N_T_I_G_O_N_E, Jean ANOUILH

« Rien d'autre ne compte. Et tu allais le gaspiller ! Je te comprends, j'aurais fait comme toi à vingt ans. C'est pour cela que je buvais tes paroles. J'écoutais du fond du temps un petit Créon maigre et pâle comme toi et qui ne pensait qu'à tout donner aussi... Marie-toi vite, Antigone, sois heureuse. La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu'on grignote, assis au soleil. Ils te diront tous le contraire parce qu'ils ont besoin de ta force et de ton élan. Ne les écoute pas. Ne m'écoute pas quand je ferai mon prochain discours devant le tombeau d'Etéocle. Ce ne sera pas vrai. Rien n'est vrai que ce qu'on ni dit pas... Tu l'apprendras toi aussi, trop tard, la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison. Tu vas me mépriser encore, mais de découvrir cela, tu verras, c'est la consolation dérisoire de vieillir, la vie, ce n'est peut-être tout de même que le bonheur. »


# Posté le mardi 26 août 2008 08:51

Modifié le mercredi 27 août 2008 08:46

. Nous trouvons de tout dans notre mémoire. Elle est une espèce de pharmacie, de laboratoire de chimie, où on met au hasard la main tantôt sur une drogue calmante, tantôt sur un poison dangereux. [ Marcel Proust ]

. Nous trouvons de tout dans notre mémoire. Elle est une espèce de pharmacie, de laboratoire de chimie, où on met au hasard la main tantôt sur une drogue calmante, tantôt sur un poison dangereux. [ Marcel Proust ]
L_'_H_E_R_B_E___ B_L_E_U_E, Anonyme

« 21 septembre

__Je me suis réveillée avant que mon réveil sonne. Il n'est que cinq heures cinq, et je suis sûre que personne n'est encore levé dans le quartier, mais je suis tellement éveillée que je ne peux pas le supporter. Entre nous, je crois que je suis morte de peur à l'idée de retourner à l'école, mais au fond je sais que tout s'arrangera très bien, parce que j'ai Joël et mes nouveaux amis super-réguliers, et ils m'aideront. Et puis, d'ailleurs, je suis beaucoup plus forte, maintenant. J'en suis sûre.
__Je me disais toujours que lorsque j'aurais rempli toutes tes pages j'entamerais un autre cahier, et je tiendrais un journal de ma vie. Mais je ne crois pas que je le ferai. Les journaux intimes, c'est très bien quand on est jeune. Je dois te dire que tu m'as sauve la vie cent, mille, un million de fois. Tu m'as empêchée de devenir folle. Mais je pense que lorsqu'une personne devient plus âgée elle doit pouvoir discuter de ses problèmes et de ses pensées avec d'autres personnes, au lieu de se parler à elle-même ou à une partie d'elle-même comme toi. Tu ne le penses pas ? Si, je l'espère, cat tu es mon plus cher ami et je te remercierai éternellement d'avoir partagé mes peines et mes larmes et mes luttes et mes malheurs ainsi que mes joies et mes bonheurs. Tout a été pour le mieux, je pense d'une manière spéciale.
Salut, à bientôt. »

# Posté le mardi 26 août 2008 09:03

Modifié le mercredi 27 août 2008 08:45

. La mort est douce : elle nous délivre de la pensée de la mort.[ Jules Renard ]

. La mort est douce : elle nous délivre de la pensée de la mort.[ Jules Renard ]
E_N ___P_L_E_I_N ___C_O_E_U_R, Ray KLUUN


__« Je retourne m'allonger près de Carmen. Elle dort encore. Après l'avoir regardée amoureusement, je prends doucement sa main et je la tiens dans la mienne, le plus délicatement possible. Sa respiration est lourde. Lente, entrecoupée d'apnées irrégulières. Est-ce le produit de mon imagination, ou ces apnées deviennent-elles de plus en plus longues ? Si elle mourrait maintenant, dans son sommeil, ce serait tellement beau. Elle a l'air heureuse. Je me dis subitement que je n'ai jamais vu personne mourir. A quoi cela ressemble-t-il ? Comment le corps décide-t-il de s'arrêter ? Sur une dernière palpitation cardiaque, une dernière respiration ? Ou cela se fait-il au contraire très progressivement ? Voit-on la mort venir ? Y a-t-il un signe, juste avant ? Faut-il se précipiter pour appeler le médecin ou, simplement, laisser les choses se faire ? Je me dis que je dois me fier à mon intuition, et mon intuition me dit que Carmen est maintenant si paisible qu'elle peut s'endormir pour toujours.
__Pendant dix minutes, elle continue à respirer très lentement. Puis sa poitrine recommence à se lever et à s'abaisser à son rythme habituel. Comme elle a respiré toute sa vie. Ouf, tout va bien.
_________C'est une nouvelle belle journée qui commence. »

# Posté le mercredi 27 août 2008 06:36

Modifié le mercredi 27 août 2008 08:44

. Lorsqu'il n'y a pas de nuages à l'horizon, il se trouve toujours quelqu'un pour déclarer que ça ne peut pas durer. [ Jean Simard ]

. Lorsqu'il n'y a pas de nuages à l'horizon, il se trouve toujours quelqu'un pour déclarer que ça ne peut pas durer. [ Jean Simard ]
TOUR B2 MON AMOUR, Pierre BOTTERO

« - J'ai froid, Tristan. Tellement froid ! Non, ne t'approche pas !
- Pourquoi ? demande Tristan, la gorge nouée.
- Parce que je t'aime, Tristan. Malgré moi. Malgré toi. D'un amour plus fort que mes blessures, plus solide que ta trahison. Je t'aime, et la seule chose que je puisse faire est de te tenir loin de moi.
__Un rayon de lune accrocha une larme qui roulait sur la joue de Clélia. Elle l'essuya du bout des doigts.
- Je ne peux te juger, Tristan, encore moins te condamner, reprit-elle d'une voix plus assurée bien qu'empreinte de fatigue. J'ai si souvent rêvé à l'Amour. Avec un A comme Absolu. Et maintenant qu'il s'est installé en moi, niché dans chacun de mes gestes, chacune de mes pensées, maintenant que je peux sortir de mes livres, vivre mes poèmes et non plus seulement les écrire, je n'ai plus qu'à le laisser se consumer, à attendre qu'il s'éteigne, si jamais il s'éteint...
__Elle ferma les yeux. Tristan comprit qu'il la perdait, que les mots qu'elle lui adressait étaient un adieu, qu'en les prononçant elle le quittait.
__Définitivement. »

# Posté le vendredi 29 août 2008 09:27

Modifié le vendredi 29 août 2008 09:39